Interview de Xavier BOURE, le directeur artistique de KCP

Retraite est un mot que Xavier Bouré ne connaît pas. Quand il ne sillonne pas le littoral corse, le directeur artistique de 66 ans réinvestit son atelier parisien et métamorphose le patrimoine unique de KCP. Véritables failles intimes et temporelles, ses affiches et œuvres d’art restituent l’aura perdue d’une époque désormais révolue. Des souvenirs et des projets plein la tête, il revient sur sa rencontre avec Albert Koski, au début des années 80.

« Quand on a commencé avec Albert Koski, ça a été une histoire d’amour et de disputes. C’est mon grand frère, ce qu’on a traversé ensemble, c’est énorme. »

Xavier BOURE

En quoi consiste précisément votre travail ?
Ma carrière est une carrière de directeur artistique, dans la presse et la communication. J’ai surtout eu l’occasion de concevoir de « nouvelles formules » pour des journaux. À chaque fois qu’on m’a donné une enveloppe, j’ai effectué le travail : design, typographie, logo, recherche de photographes, réflexion autour du message à véhiculer. Je suis une espèce de mercenaire, en fait. (Rires)

Comment avez-vous rencontré Albert Koski ?
Ma première rencontre avec Albert a eu lieu par l’intermédiaire de Jean Feldman, un artiste publicitaire qui se trouvait être aussi un ami d’Albert. Il était directeur d’une boîte de pub qui s’appelait FCA et pour laquelle je bossais de temps en temps. Et un jour il m’a dit : « Voilà, j’ai un ami qui a besoin d’une affiche. Tu lui dis que tu viens de ma part. » C’est à cette occasion que j’ai rencontré Albert. À l’époque, il avait un fauteuil sculpté énorme – c’était déjà un sacré personnage.

« Lors de notre première rencontre avec Albert Koski, j’avais 22 ans. Il m’a fait forte impression, j’étais très intimidé. »

Xavier BOURE

Le courant est donc d’emblée passé entre vous ? 
Oui. En tout cas, il m’avait physiquement tapé dans l’œil. Il m’a tout de suite demandé de concevoir une affiche pour le concert des Rolling Stones à Auteuil. Les délais étaient très courts, mais je m’en fichais. Quand il a prononcé le nom des Stones, ça a été une énorme claque. Je me suis dit que je n’avais pas le droit à l’erreur.